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Par Mgr BERA

Dans l’Evangile des pèlerins d’Emmaüs, nous avons bien compris que les deux disciples, découragés, retournent à leur village « Nous espérions » … C’est toujours tragique lorsque nous parlons de notre espérance au passé. L’imparfait traduit bien le désespoir « Nous espérions », mais maintenant nous n’avons plus d’espérance.

Nous vivons de manière inédite ce dimanche avec nos grands soucis en ce temps de pandémie. L’avenir apparaît comme fermé comme il l’était pour les deux disciples.

Mais voilà que sur ce chemin d’Emmaüs, Jésus s’approche des siens et les rejoint, Il marche avec eux. Leurs yeux sont aveuglés par la tristesse et la déception. Il en est de même pour nous. Le Seigneur nous rejoint sur nos routes humaines. Quand tout va mal, Il est là aussi prêt à nous écouter. « Et de quoi discutiez-vous en chemin ? » Ce qui fait notre vie, nos joies, nos peines Jésus les écoute.

La Mission de l’Eglise, notre mission n’est-elle pas de rejoindre les hommes et les femmes de ce temps pour leur révéler la tendresse de Dieu ? Comme Jésus, Il nous faut rejoindre les personnes dans leur histoire personnelle : leur joie, leur peine, leurs angoisses, leurs tristesses sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ. Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans notre cœur.

Oui le Seigneur est là qui accompagne notre pèlerinage de vie. Mais il ne suffit pas de rejoindre nos contemporains.

« Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures » dit St. Luc. Jésus interprète dans l’Ecriture tout ce qui Le concernait. La place de la Parole de Dieu n’est-elle pas centrale dans notre vie ?

En cette période confinement, nous avons davantage le temps de la goûter. Laissons-la résonner en nous, la méditer dans le silence du cœur.

Dieu s’adresse à nous comme à des amis. Il se fait conversation.

Une des priorités du Synode, c’est de faire naître des « Maisons d’Evangile », de proposer largement la Parole de Dieu à ceux qui nous entourent, de mettre l’Evangile dans toutes les mains.

Les outils numériques nous le permettent bien en ce moment.

Le point tournant du récit a lieu lorsque les deux compagnons de voyage offrent l’hospitalité à l’Inconnu « Reste avec nous, il se fait tard. » Une telle rencontre ne peut s’arrêter ainsi. Leurs yeux s’ouvrent et ils Le reconnaissent à la fraction du pain, à l’Eucharistie. Pour reconnaître le Christ Ressuscité, présent dans notre vie, il nous faut le regard de la Foi, une Foi réchauffée par la Parole de Dieu et l’Eucharistie.

« Notre cœur, n’était-il pas tout brûlant tandis qu’Il nous parlait sur la route ? » Quand nous accueillons et reconnaissons le Christ Vivant, nous ne pouvons pas le garder pour nous.

Christ est Ressuscité, nous en sommes témoins.

Nous ne pouvons pas nous contenter de rester entre chrétiens à l’intérieur de l’Eglise. Notre témoignage doit rejoindre ceux avec qui nous vivons.

La communauté fraternelle, l’Eglise, nous la vivons aujourd’hui en prenant soin les uns des autres, en restant modestement confinés malgré les problèmes que cela pose, en applaudissant à 20h les soignants, les caissières, les chauffeurs, les éboueurs et tous celles et ceux qui sont en première ligne du combat contre le virus. Il n’y a pas trente-six moyens de trouver un sens à notre vie et à l’aventure de l’humanité. Il y a tout ensemble et la Bible et l’Eucharistie et la communauté fraternelle inhabituelle que nous éprouvons aujourd’hui.

Nous sommes donc invités

  • A relire notre vie à la lumière de la Parole de Dieu.
  • A accueillir le frère et la sœur dans le besoin et la vulnérabilité.
  • Et à partager ensemble le Pain Eucharistique qui nous fait tant défaut aujourd’hui.

Trois chemins que Jésus emprunte pour venir à notre rencontre et donner sens à notre vie.